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Etats-Unis: la publication d'une étude sur un virus H5N1 mutant fait controverse


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Une étude néerlandaise montrant qu'un virus H5N1 de la grippe aviaire mutant modifié en laboratoire se transmet aisément entre mammifères, et donc potentiellement entre humains, a été publiée jeudi aux Etats-Unis après une controverse sur les risques d'une telle publication.

Des travaux américains aux résultats similaires, dont la publication avait elle aussi été bloquée, avait déjà été rendue publique dans la revue britannique Nature le 2 mai. Après un nouvel examen, le Bureau national de la science pour la biosécurité (NSABB) avait autorisé leur parution le 30 mars.

Les employés d'un marché de Hong Kong contrôlent des poulets lors de l'épidémie de la grippe aviaire en 2008

Un chercheur travaillant pour l'université du Wisconsin aux Etats-Unis

Les deux équipes de recherche avaient également accepté de suspendre leurs travaux, un moratoire toujours en vigueur.

"Ces huit mois de controverse sur la question de savoir comment et s'il faut publier de tels travaux, ont eu l'avantage de rendre le public beaucoup plus conscient du risque réel présenté par le virus H5N1 de la grippe aviaire", estime Bruce Alberts, rédacteur en chef de Science.

Le virus H5N1, surtout présent chez les volailles et les oiseaux sauvages, est dangereux pour les êtres humains, avec un taux de mortalité de 60%, mais n'a fait que 350 morts depuis son apparition en 2003 car il se transmet difficilement chez l'homme.

Maintenant que ces deux études sont publiées, "les scientifiques dans le monde ont la possibilité à partir de ces données de faire avancer notre compréhension de ce virus, ce qui est indispensable pour développer de meilleures défenses" et éviter une pandémie, souligne Bruce Alberts.

Cinq mutations suffisantes

Ces travaux - financés par les Instituts américains de la santé - visaient à déterminer si H5N1 pouvait muter et se transmettre par voie aérienne entre humains.

L'étude menée par le Dr Ron Fouchier du centre médical Erasmus de Rotterdam (Pays-Bas) a abouti à la conclusion que dans une souche de H5N1 cinq mutations suffisaient pour permettre une transmission du virus entre des furets.

Ces mutations ont toutes été retrouvées séparément dans les virus H5N1 dans la nature. Contrairement à ce que les virologues pensaient, ils ont découvert que le virus H5N1 pouvait muter seul, sans se recombiner avec une autre variante du virus de la grippe dans un hôte animal.

L'équipe américaine menée par Yoshihiro Kawaoka de l'Université du Wisconsin était parvenue aux même résultats en travaillant sur un gène clé du H5N1, l'hémagglutinine, auquel ils avaient ajouté une mutation pour améliorer sa compatibilité avec le système respiratoire humain.

Ils avaient ensuite utilisé le virus H1N1 pour créer un virus hybride "H5/H1".

Ce virus mutant a été testé sur des furets, utilisés dans la recherche pour la similarité de leur système respiratoire avec celui de l'homme. Les animaux infectés ont transmis le virus par voie aérienne d'autres furets.

La publication des deux études révèle en outre "le besoin de répondre plus efficacement aux inquiétudes suscitées par des recherches pouvant aussi avoir des applications dangereuses", juge Bruce Alberts, qui appelle à l'élaboration d'un système "international et transparent".

Ron Fouchier a quant à lui expliqué avoir ajouté à ses travaux un texte expliquant leurs objectifs et leurs bienfaits pour la santé publique, "sur les conseils du NSABB".

Le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses, a souligné de son côté que "les bienfaits (de publier ces études) dépassent les risques" en stimulant l'intérêt de scientifiques dans de nombreuses disciplines.

Il a précisé que des discussions étaient en cours pour mettre fin au moratoire volontaire sur les recherches des deux équipes sur le virus H5N1 mutant.


Source :   Tv5 avec AFP   | Lire à la source
Posté par admin_actumed 2012-06-23 à 14:30:00   


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