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3 questions à Pr Kamel Bouzid : « Le secteur privé peut parfaitement aider »


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3 questions à Pr Kamel  Bouzid
« Le secteur privé peut parfaitement aider »


Chef de service d’oncologie au Centre Pierre et Marie Curie, Pr Kamel Bouzid fait le point sur la situation des malades cancéreux.

Quelle est la situation actuelle des malades cancéreux ?

Dans la situation actuelle, 20 000 sur les 28 000 malades n’ont pas leur traitement dans les temps voulus. Il y a des problèmes de différents ordres.  Pour ce qui est du problème de médicaments,  il  y a des ruptures cycliques dont le diagnostique a été fait.

Les prescripteurs (oncologues, médicaux) font des préventions basées sur l’épidémiologie (recrutement des malades, nombre, nature….). Ils transmettent les transcriptions aux pharmacies  qui évaluent les coûts. Le ministère dégage le budget suffisant mais  les pharmacies limitent les prévisions pour chereté.

Un autre problème est enregistré en matière de chirurgie.  70% des cas  se font dans les cliniques privées mais les tarifs ne correspondent pas aux nomenclatures de 1987.  Dans le privé la chirurgie du cancer du sein est de 100 000 DA. Le remboursement est de 5000 DA, ce qui fait que 95 000 sont à la charge du patient.

Deuxièmement il y a nécessité de  la prise en compte par la Cnas des tarifs réels sachant que la chirurgie représente l’arme principale de la lutte contre le cancer. Si on diagnostique tôt on peut guérir, la guérison est systématique avec la chirurgie.  Ce n’est pas le problème du ministère de la santé seul, c’est aussi le problème du ministère du travail et de la sécurité sociale.

Vous êtes là depuis 1994. Quelle évaluation faites vous ?

Avant il y avait moins de tension mais ça s’est multiplié, le nombre et  le prix de médicaments sont montés en flèche.  Entre 1994 et 2002 c’était limite mais maintenant c’est faramineux. Mais si on dit que c’est trop cher qu’on le dise à toute la population. Un flacon de médicament pour chimiothérapie coûte 6000 euros.

Il faut deux flacons pour faire la cure à un malade ce qui fait 12 000 euros. Quand on a commencé en 1994, ce n’était pas le cas.  A mon avis il y a un disfonctionnement majeur dans la distribution de  l’argent car il  suffit pour toute l’Algérie. Les exécutants du secteur de la santé n’exécutent  pas  ce que leur dit l’autorité c'est-à-dire le ministère de la santé.

La prise en charge des malades cancéreux est centralisée dans les établissements hospitaliers publics. Qu’en est-il du secteur privé?

J’ai lu dans la presse que le ministre aurait interdit à des cliniques privées de soigner le cancer  mais à ma connaissance il n’y a pas de textes qui interdissent. Le secteur privé peut parfaitement aider. Un secteur privé dont l’Etat est capable de limiter les prestations amènerait un plus. 

Il y a un investissement à faire et le secteur privé peut le faire tel  qu'il l’a fait pour la dialyse.  En France 70% de la radio thérapie est faite par le secteur privé. Les malades ont assez de moyens on les envoie en Tunisie, au Maroc, en France ou encore en Turquie.


Source :   El Watan   | Lire à la source
Posté par Asirem 2012-04-28 à 19:37:07   


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