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Fabien CALVO : «Un cancer guéri sur deux»


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INTERVIEW - À l'occasion de la sortie d'un webdocumentaire sur la recherche contre le cancer, Fabien Calvo, directeur de l'Institut national du cancer et directeur pour le cancer de l'Alliance pour les sciences de la vie et la sante, revient sur les récents progrès dans ce domaine.

LE FIGARO.- On a l'impression que le nombre de cancers ne cesse d'augmenter. Est-ce une réalité?

Fabien Calvo. DR
Fabien Calvo. DR

Fabien CALVO.- Il y a effectivement une augmentation de l'incidence des cancers depuis 30 ans, quoique lente. La bonne nouvelle, c'est que cela commence à baisser chez les hommes, et que la courbe se stabilise chez les femmes - sachant qu'il y a toujours eu beaucoup plus de cancers chez les hommes que chez les femmes.

Comment expliquer cette progression?

Elle est principalement liée à l'allongement de la durée de vie, car le cancer est en grande partie une maladie du vieillissement. C'est aussi la conséquence de l'accélération de certains dépistages - cancer du sein, du colon, du col de l'utérus ou de la prostate. On repère bien plus de tumeurs qu'il y a 10 ou 20 ans. L'effet pervers, c'est qu'on traite parfois des tumeurs qui n'auraient probablement pas évolué de manière dramatique, notamment au niveau de la prostate.

» Regarder le webdocumentaire coproduit par l'INCa, l'Inserm et l'ARC en intégralité

Est-on mieux armé aujourd'hui pour soigner le cancer?

On guérit désormais en France un cancer sur deux, et la diminution de la mortalité chez les personnes atteintes par cette maladie a été très claire ces vingt dernières années: - 40% chez les hommes, et -20% chez les femmes. C'est encourageant quand on sait que le cancer reste la première cause de mortalité en France.

A quoi peut-on attribuer cette évolution?

C'est la conjonction de plusieurs facteurs: la prévention, le dépistage et l'amélioration des traitements. Les campagnes de sensibilisation contre les risques liés à l'alcool ont ainsi été très efficaces ces 20 dernières années, et cela a joué sur beaucoup de cancers (du foie, du sein, du colon…). On a aussi réduit l'exposition à un certain nombre de substances toxiques, notamment au travail. Enfin, on a restreint l'impact des infections sur les cancers, en traitant par antibiotiques les ulcères de l'estomac avant qu'ils n'évoluent en tumeur et en faisant diminuer les infections virales par une meilleure prévention contre les virus de l'hépatite B et C et le papillomavirus. Désormais, il faut faire porter les efforts de prévention sur le surpoids et la sédentarité, qui sont des facteurs de risque identifiés.

Et du côté des traitements?

La prise en charge thérapeutique s'est beaucoup améliorée. Désormais, le traitement est arrêté par un collège incluant un cancérologue, un médecin spécialiste, un radiothérapeute et un chirurgien, et non plus une personne isolée. Par ailleurs, le traitement personnalisé constitue depuis 10 ans une vraie révolution. Prenons l'exemple du cancer du poumon, dont 40.000 cas sont diagnostiqués chaque année. Grâce à des tests moléculaires, nous savons aujourd'hui distinguer une dizaine de formes différentes du cancer bronchique, induites par des anomalies génétiques particulières. Et l'on dispose de médicaments très efficaces pour certaines de ces maladies, qui donnent de bons résultats. Il suffirait que l'on développe ce type d'approche pour modifier le pronostic du cancer bronchique, responsable de 30.000 morts par an. Dans ce domaine, je tiens à souligner l'action unique dans le monde de l'Institut national du cancer, qui a subventionné la mise en place de 28 plateformes de biologie moléculaire, auxquelles tous les médecins peuvent adresser un échantillon de la tumeur de leurs patients pour des tests d'anomalie génétique. On obtient le résultat en moins de 12 jours, ce qui permet de décider d'un traitement approprié.


Source :   Le Figaro   | Lire à la source
Posté par admin_actumed 2012-02-06 à 11:54:43   


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