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Le surpoids : Ingérable en Médecine Générale?


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Les médecins connaissent les risques de la surcharge pondérable mais sont septiques sur leur efficacité thérapeutique. Témoin cette étude de recherche menée auprès de généralistes du Cher.

Les données de la littérature soulignent l'impact positif des conseils du médecin généraliste sur le comportement des personnes en surpoids. Il est le professionnel de santé le plus consulté dès le stade de surpoids. Pour autant, la prévalence de la surcharge pondérale ne cesse d'augmenter. Ce constat a conduit le Pr Anne-Marie Lehr-Drylewicz (département de médecine générale de Tours) à mener un travail de recherche, de type qualitatif, sur l'étude des représentations et des attitudes des généralistes confrontés à la surcharge pondérale de leurs patients, dont les résultats viennent d’être publiés dans la dernière édition de la revue Exercer (1). L'identification des obstacles à la prise en charge, les besoins des médecins, ainsi que les propositions de pistes d'amélioration ont ainsi été colligés.

MÉTHODE

Quinze généralistes du département du Cher ont été interrogés en face à face au cours d'entretiens semi-dirigés. La trame de l’entretien a été réalisée à partir d’une revue de la littérature et des hypothèses émises par les chercheurs ; elle explorait les représentations, les attitudes, les obstacles, les besoins et les propositions des médecins confrontés à la surcharge pondérale des patients.

RÉSULTATS

-›Un sujet difficile à aborder. Les avis étaient partagés sur le rôle du médecin généraliste dans le repérage du surpoids. Certains le font dans un but d’information et d’aide à la prise de conscience, « comme pour l’arrêt du tabac », d’autres orientaient d’emblée vers un spécialiste en raison d’une prise en charge jugée trop complexe au regard de leur pratique. Les médecins s'appuient plutôt sur l'existence d'éventuelles comorbidités, telle qu’une hypercholestérolémie par exemple, pour tenter de sensibiliser leurs patients. En effet, face à des patients bien portants non-demandeurs, « il est plus délicat d'aborder le sujet ».

-›Des outils de repérage mal utilisés. S'agissant des outils diagnostiques, la balance est la plus utilisée, le tour de taille et l'IMC étant peu employés, voire jugés non indispensables.

Pour autant, les médecins se sentent concernés par ce sujet et se lancent dans la prise en charge en cas de comorbidités.

-›Des conseils simples pour un résultat modeste. Parmi les mesures thérapeutiques, la dispensation de conseils simples et de bon sens – manger davantage de légumes, réduire la consommation de graisses, avoir une activité physique – semble avoir une efficacité modeste. La notion de "régime" est jugée comme culpabilisante.

S'agissant de l'exercice physique, les médecins se disent convaincus de son utilité. Ils insistent davantage sur la réduction des activités sédentaires que sur la pratique d'un sport proprement dit.

Par contre ils passent la main lorsqu'il s'agit d'éducation nutritionnelle, orientant leurs patients vers une diététicienne ou un nutritionniste, malgré les difficultés d'accès à ces professionnels. Sur ce dernier point, les praticiens de cet échantillon se démarquent de certains de leurs confrères languedociens, qui font moins souvent appel aux spécialistes de la nutrition.

-› Les obstacles à la prise en charge

? Le manque de motivation des patients asymptomatiques est la principale difficulté. Se dégage alors un sentiment d'impuissance face à des patients peu enclins à modifier leur mode de vie et les habitudes alimentaires acquises depuis l'enfance.

? Viennent ensuite les difficultés économiques des patients et le manque de temps, ce dernier argument étant un frein important à l'éducation nutritionnelle.

? Le manque de temps - « demander aux patients tout ce qu’ils mangent prend du temps » - et l’absence de coordination avec les autres professionnels sont aussi cités comme facteurs limitants.

-› Les pistes d'amélioration qui ont été suggérées lors de cette enquête s'éloignent du domaine strictement médical : information des patients à tous les niveaux par l'intermédiaire des médias, implication des commerçants et des industriels de l'alimentation, ces derniers étant présentés comme étant responsables de l'obésité et du surpoids, et éducation nutritionnelle dès le plus jeune âge.

-› Ces propositions mettent l'accent sur le fait que le médecin ne peut représenter à lui seul l'unique solution face à cette "épidémie silencieuse" que représente l'obésité. Le développement de consultations dédiées au surpoids et à sa prévention constitue une autre solution pour la prise en charge de ces patients.

-› Les auteurs concluent en soulignant que les difficultés éprouvées par les médecins de cette enquête sont globalement similaires à celles relatées dans la littérature. Ils mentionnent la mise en place d'expérimentations basées sur la multidisciplinarité et la valorisation du travail de prévention et d'éducation, et insistent sur la nécessité d'une évolution des méthodes d'information des patients, de façon à ce que les pratiques des médecins généralistes soient cohérentes avec les messages nationaux. Notamment pour agir plus efficacement en terme de prévention.


 

 

Dr Pascale Naudin-Rousselle (rédactrice, fmc@legeneraliste.fr)
www.legeneraliste.fr


Source :   legeneraliste.fr  
Posté par admin_actumed 2011-06-17 à 21:26:27   


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    Vos Commentaires       ( 1 commentaires )    Connectez-vous et laissez vos commentaires.

Asirem dit :

        2011-06-18 22:30:56

  c\'est mignon, c\'est mignon, c\'est mignon .... haha

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